Portrait


JARDINIER PLANÉTAIRE

Paysagiste au sein du bureau d’étude ARTELIA, je suis maître d’oeuvre en conception et contrôle de travaux de manière transversale auprès des différents départements de la région Ouest qui regroupe plus de 250 collaborateurs.

Sans connaître mon parcours, je suis hissé au rang de paysagiste, concepteur, jardinier ou encore jardinier-paysagiste. Il arrive que l’on me nomme «architecte-paysagiste», traduction littérale de l’amalgame anglais, «landscape architect», utilisé en France pour se donner un intérêt supplémentaire.

Les paysagistes regroupent en réalité plusieurs activités : jardinier, concepteur, dessinateur, aménageur, technicien de surfaces. Pour échapper à la noyade de tous ces termes, j’ai choisi d’être «Paysagiste et jardinier planétaire», référence au jardin planétaire de Gilles Clément. Le temps devient mon outil principal, comprendre, concevoir, surprendre, agir, accompagner en donnant autant d’importance à la culture des usages et des espaces qu’à la culture des végétaux : jardin, expression de diversité.

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LA GESTION DIFFÉRENCIÉE COMME OUTIL DE CONCEPTION & DE MEDIATION

La gestion est la mise en oeuvre d’un projet d’aménagement paysager avec sa transcription géographique, spatiale, de l’ensemble des éléments qui composent le paysage, sur les quatre axes du développement durable. La maturité d’un jardin ne se créée qu’avec le temps et est donc modelée par la gestion. De la même façon la gestion est une manière douce de concevoir la conception, avec l’aide de la nature et avec des moyens moindres, en accord avec le développement durable.

L’art des jardins a exprimé son excellence à travers l’architecture et l’ornement. Ces critères ne suffisent plus. La vie qui s’y développe, parce qu’elle est menacée, devient l’argument principal des aménagements. Cette charge efface, sans les interdire, les préséances d’autrefois : manier la perspective, disposer les paysages en tableaux, composer les massifs, organiser les êtres et les distractions. Le jardinier devient concepteur au quotidien d’un  espace qu’il façonne.

De plus en plus les projets devront prendre en compte cette économie de moyens pour exister et l’acte de création va devoir imaginer des formes de conception réalisées par des plans de gestion à long terme, basés sur l’expertise de tous. Comme la gestion, la médiation est une façon d’écrire le paysage. La proximité avec le terrain, l’échange, sont des critères qui permettent une cohérence des actions à mener.

Nous sommes tous des jardiniers concepteurs, gestionnaires, écologues, botanistes, animateurs…et devons donc travailler en équipe complémentaire et transversale.